revv-valence

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
Accueil Archives Tour du Monde Europe Slovakie, Hongrie, Croatie, Serbie, Roumanie


Slovakie, Hongrie, Croatie, Serbie, Roumanie

roumanie
Je suis actuellement en Bulgarie, au bord de la Mer Noire, avec au total environ 5000 kilomètres au compteur.
J'ai vraiment beaucoup de choses a raconter, car ces derniers jours ont été très riches en rencontres et aventures de toutes sortes, mais malheureusement je ne peux pas tout mettre par écrit. Je vous fais juste un petit résumé, et je vous raconterai de vive voix le complément a mon retour ! Toujours desolé pour les accents manquants.

Bon les photos bien sur  ici

Après Vienne, je suis donc passé en Slovaquie. Bratislava est une petite ville très jolie. En chemin j'ai croisé Jean-Claude, originaire d'Evreux, qui a plus de 70 ans se balade a velo sur les routes d Europe (un jour en regardant le tour de France a la tele il a dit a sa femme : moi aussi je peux le faire... et depuis il sillonne les routes tous les étés). J ai également croisé un couple de Turcs, Denis et Brno en balade sur l'eurovelo 6, avec qui j ai bivouaqué et que je devrais retrouver a Ankara.

Après la Slovaquie, la Hongrie... pas beaucoup de photos car j ai eu quelques problèmes pour recharger l appareil. Budapest est une ville très intéressante, une sorte de Vienne en version beaucoup moins léchée... Des immeubles entièrement rénovés, d autres qui tombent en ruines... avec des quartiers très vivants (du genre une fusillade dans la rue pendant que j etais dans un cybercafé-laverie).
Il y a énormément de monuments Art Nouveau, donc jetais aux anges (mention spéciale pour les bains Gellert, a voir absolument).
Plusieurs bars ont investi des immeubles entiers : la cour intérieure est une énorme terrasse, et les appartements sont autant de salles a thèmes avec en plus les coursives qui surplombent le tout. Ambiance garantie.

Après la Hongrie, passage en Croatie. Si le sud est devenu très touristique, le nord du pays a encore de nombreuses traces de la guerre des Balkans.  Le long de la route, un panneau attention  champ de mines vous le rappelle. Puis plus on approche de Vukovar, et plus cela devient frappant. C est assez impressionnant de traverser un pays qui a connu une guerre récente et en garde des traces importantes. A chaque coin de rue il reste des immeubles criblés de balles ou avec des trous d'obus. Lorsque je suis arrivé en ville en fin de journée, j étais donc assez impressionné et du coup dans un état d esprit assez dubitatif... Mais le hasard m a montré qu il ne fallait pas se fier aux apparences... En demandant a un couple s ils savaient ou je pouvais dormir, ils m ont repondu en coeur : ''mais sur l île en face de Vukovar, dans notre campement'' ! Et Borko abandonna sa femme et son fils pour prendre son bateau et me faire traverser aussitôt. En fait l île en face de Vukovar est une sorte de no man's land (aucun jeu de mot avec le film justement) et du coup les gens qui avaient des bateaux ont installé des sortes de campements semi-sauvages où ils viennent après le travail ou le week-end. Et c est totalement ouvert, n importe qui peut venir s installer, a condition d avoir un bateau ou de prendre la navette. Ambiance super sympa, baignade, musique croate... un contraste incroyable avec la ville. Borko et sa famille m ont parlé de la guerre, de la bataille de Vukovar, de ce qu ils ont vécu etant jeunes et des relations avec la Serbie aujourd'hui (Assez intéressant : si eux m'affirment qu il n y a plus de ressentiment, je n ai pas la même réponse quand je demande aux gens de la génération précédente...). Je passe donc trois jours sur l ile, avec des croates tres accueillants et sympas (un soir Borko et ses amis ne peuvent pas rester sur l ile, mais je ne reste pas longtemps seul  je suis accueilli aussitôt par une autre famille qui m offre a manger et a boire jusqu'au au bout de la nuit...).

Après cette halte tres intéressante, direction la Serbie. L apparition de l alphabet Cyrillique sur les panneaux rend l'orientation un peu compliquée... Arrivée a Belgrade ou je suis accueilli par Jovan et toute sa grande famille. Leurs grands enfants parlent parfaitement le francais et me servent ainsi de guides dans la ville et sont d une aide précieuse. David, le grand fils, me raconte l histoire de la yougoslavie, de l occupation par la turquie, de la Serbie... le tout dans le fort qui surplombe la ville. Jovan, le pere,  est un baroudeur incroyable qui a parcouru la planete entiere en tant que reporter de Guerre. Il me raconte des histoires impressionnantes et parvient a me convaincre d'éviter le Pakistan pour aller en Inde... Leur fille, Mia, retourne a Shangai pour un an, peut etre que je la croiserai sur ma route !

En quittant Belgrade, je tombe sur trois francais a velo : Yvan et Clemence, partis de Strasbourg pour aller a la mer noire avec de vieux vélos achetés chez Emmaus (40 euros sacoches comprises et ils roulent !!!) et Stephane, parti lui aussi de Strasbourg direction le Nepal,  (Et lui avec un vrai velo de cyclorandonnée).
Nous campons ensemble le premier soir, et nous avons droit au pire orage que j aie jamais connu : des trombes d eau non stop pendant 6 heures d'affilée... Nuit apocalyptique, pas une tente qui reste sèche... Yvan et clemence nous abandonnent au matin pour aller dormir a l hotel et nous continuons ensemble avec Stéphane pour la traversée des portes de fer (tres impressionnant de voir le danube tres large se resserrer dans une gorge encaissée). D ailleurs nous avons traversé ensemble toute la Roumanie et nous continuons en Bulgarie. Ambiance très sympa a parler musique, films... Si vous voulez avoir nos aventures en détail vues par l'oeil de Stephane, vous pouvez aller sur son blog, tres riche et plein de photos (dont pas mal de photos de moi !) :http://lapinvelo.over-blog.com/ ainsi que sur sa galerie flickr http://www.flickr.com/photos/lapinvelo/
A priori nous allons continuer ensemble jusqu en Turquie, puis nos itineraires se séparent

Après l orage, arrivee en Roumanie. Et la, palme d or de la sympathie et de l'accueil de tous les pays traverses : les gens qui vous saluent systématiquement, les enfants qui vous tapent dans la main et vous demandent des autographes, les policiers qui vous arrêtent pour vous donner a manger et poser pour des photos...
Les gens sont a la fois tres pauvres (un grand nombre de paysans se déplacent toujours en voitures a cheval) et tres chaleureux.
Pour preuve l'accueil de Mihai a Slobodja : il n a pas hesité a nous ouvrir la porte de sa maison, ou il vit avec ses parents, pour nous proposer une chambre et le repas du soir. Nous avons pu parler des conditions de vie en Roumanie. Lui même travaille pour une ferme piscicole (dont toute la production part en Turquie) ou il nourrit les poissons pour 500 lei par mois (1 euros = 4.5lei, un kg de pain vaut 3 lei, une bière de 50 cl en terrasse vaut 2 lei ). Il vit avec ses parents dans trois minuscules pièces et une cuisine. Les WC sont une cabane a l extérieur et il n y a pas de salle de bain. Mais il a internet et pas mal de films... Nous avons parlé de la classe politique et des problèmes de corruption qui minent la roumanie (un référendum a eu lieu pendant notre passage pour destituer le président : 80 pour cent de vote pour la destitution mais référendum invalide car seulement 46 pour cent de votants). Avec les parents de Mihai, nous avons pu parler Cinéma français (sa mère est toujours amoureuse de Alain Delon, et son pere est le portrait de Jean-Paul Belmondo...) et nous avons pu jouer avec les 2 chiens, deux chats et trois chatons...
Une autre mention speciale pour le village de Suhaia : Lorsque nous passons avec Stéphane a la mairie pour savoir ou l on peut dormir, ils nous proposent de planter la tente sur le terrain de foot. La les jeunes nous proposent un match (après une journée de velo...) en salle. Bon l honneur de la France est a peu près sauf... Et lorsqu un orage inonde le terrain de foot, le maire nous ouvre les portes de l école et nous installe la télé...
Enfin mention speciale au petit monastere sur la route Constanta, ou le pope (le sosie de Cat Stevens) nous a laissé planter la tente pou la nuit et nous a offert du lait chaud, du pain et une énorme assiette de fromage type feta, le tout produit sur place.
Un petit peu de poesie aussi : hebergés lors d un orage (encore !) dans une bibliotheque municipale d un village, je decouvre le seul livre en francais : une traduction de poemes de Mateiu Caragiale, poete roumain que j ai pris plaisir a lire en ecoutant la pluie.

Bon et pour terminer  fin du danube et arrivee a la mer noire par Constanta, enorme station balnéaire avec un développement assez anarchique sur la cote. L eau de la mer noire est assez impressionnante : quasiment pas salée, et tres chaude. Et c est tres beau de voir un lever de soleil sur la mer et non un coucher de soleil...
Pour bien terminer en Roumanie, nous avons campé deux nuits a Vama Veche : petite ville au bord de la mer noire, avant la Bulgarie, a la réputation internationale. C est en quelque sorte le Woodstock permanent de la Mer Noire : le camping est autorisé et gratuit sur la plage, il y a des festivals de musique tout l été et des bars avec de la musique partout (pas facile de danser dans le sable...). Ambiance assez incroyable, a faire au moins une fois dans sa vie... (bon stephane a failli se faire detrousser sur la plage mais sinon genial)
Nous avons rencontre la bas Veronika, jeune actrice roumaine de Transylvanie qui fait pas mal de théâtre et a raté une occasion en or de devenir une star de cinema : Elle a passé un casting a Bucarest, était retenue, mais c est finalement son amie qui a eu le role... et le prix d interpretation feminine a  Cannes car c etait un casting pour le film Au-delà des collines de Cristian Mungiu...