Inde suite et fin

Vendredi, 08 Février 2013 13:38 Alain
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EnInde
Je vous avais laissés la dernière fois a Indore, ou j étais hébergé par Dinesh, le directeur d une petit école pour indiens en langue anglaise. Rappelez-vous, j y avais fait des petites présentations de mon voyage dans la langue de Shakespeare....
Mon départ de Indore fut très émouvant. Toute l école m avait préparé une petite fête surprise ! Il y avait toutes les maîtresses, au moins 300 enfants réunis, des musiciens, et j ai eu droit au collier de fleurs, a la bénédiction au milieu du front et a une boite de confiseries, j avais la larme a l oeil...
Dans la foulée j ai même eu le droit a l interview officielle par le journal de la ville, avec ma photo en couverture. Si vous voulez jeter un oeil (bon c est en hindi...) :
Medi-Inde
(je suis aussi sur la couverture, et n hésitez pas a telecharger le PDF pour l afficher dans votre chambre...)

J ai ensuite pris la direction du sud vers la magnifique ville d Omkareshwar. Je ne comprends pas que ce lieu attire si peu de touristes étrangers, alors que c est une sorte de Pushkar bis : une rivière sacrée, une île sans voitures, avec un chemin de randonnée pour faire le tour des temples et des Ashrams. J y ai croisé de nombreux pèlerins sur la route ou sur place. L un des pèlerinage consiste a suivre la rivière qui traverse Omkareshwar, la Narmada, depuis sa source jusqu a l embouchure, durant 3 ans, 3 mois et 3 jours...
A Omkareshwar, sur les conseils de moines rencontrés a Indore, j ai frappé a la porte de l Ashram Ma Anandamagi (une sainte de la religion hindoue, qui fut proche de Gandhi). Et j ai été vraiment accueilli tout simplement par Hasnukh et Santosh. Le lieu est très beau avec des jardins en terrasse et des marches d escalier jusqu'à la rivière. Il y a une grotte spécialement aménagée pour la méditation. Et l ambiance est animée, car cet ashram hébergé une école pour les petits indiens qui dorment sur place, et chantent pour toutes les prières. Ils jouent vraiment bien de l harmonium et des tablas d ailleurs.
Parmi mes activités sur place, en aidant en cuisine, j ai pu apprendre a faire les chapatis,et ce n est pas une mince affaire. Le coup de main pour étaler la pâte en cercle parfait demande un entraînement de plusieurs années au moins !
Je suis reparti après quelques jours et sur des routes vraiment tranquilles, pour arriver dans l etat du Maharastra. Après avoir traversé des champs de coton et des bananeraies pendant des kilomètres, j ai fait un arrêt assez incroyable a Maktainagar. Je m arrêté dans un Dhaba (c est le nom des restaurants ou l'on peut dormir sur une paillasse) pour passer la nuit, et je suis aussitôt invité a manger dans une petite maison derrière le dhaba. La je rentre dans la pièce principale pour découvrir 6 grandes tables de jeu et des indiens en train de jouer aux cartes avec d énormes liasses de billets devant eux. Très impressionnant et surtout inattendu au milieu de la campagne, J ai alors discuté avec Nathan (de son vrai nom Nitin mais il travaillait pour un call center pour le canada et les USA ou il se faisait appeler Nathan) qui m a expliqué l historique du lieu.
Tous les indiens attablés pour jouer, bien qu habillés plutôt simplement, étaient les riches propriétaires de Bananeraies de la région. Car l inde est le premier pays producteur de bananes et le Maharastra est la première région productrice d inde. Selon Nathan, ces indiens sont donc juste parmi les hommes les plus riches du pays et on decid de s distraire en passant des nuits entieres a jouer, entourés d une nuée d indiens pour servir les repas ou les collations et prodiguer des massages en cas de fatigue... Malheureusement je n ai pas eu le droit de prendre de photos...
Inde-vacheAprès cette incursion dans les arcanes des plantations de bananes, j ai continué ma route vers les Ajanta Caves, des temples bouddhistes taillés dans la roche très impressionnants. L état de conservation des peintures est également incroyable, c est vraiment très beau. Paradoxalement il y a assez peu de touristes étrangers. J ai enchaîné quelques jours plus tard avec les Elora Caves, beaucoup plus impressionnantes, avec d énormes sculptures, hindoues cette fois, mais également Jain et Bouddhistes (et du coup plus de touristes). Entre temps j ai eu droit a un hébergement a la ferme épique (nourri logé par une famille de fermiers indiens qui ne parlaient pas un mot d anglais, nous avons dormi a quatre dans une petite pièce ou était déjà entreposée la récolte de coton... avec un nouveau voisin qui debarquait toute les 10 minutes pour voir l etranger, tater le sac de couchage, et lui apporter a manger...).Inde-bivouac-temple
Le 29 novembre j arrive dans la ville de Pune. J en profite pour visiter très beau palais de l Agha Khan, très beau, et chargé d histoire. C est la que Gandhi a été emprisonné pour la dernière fois entre 1942 et 1944, après avoir lancé son mouvement Quit India (enjoignant les Anglais a quitter l Inde) et que sa femme et son secrétaire son morts. Le lieu,transformé en musée, contient plusieurs effets personnels de Gandhi, des photos et des citations telles que :
- Soyez le changement que vous voulez voir
- Vivez simplement pour tout simplement vivre...
A Pune j ai été hébergé par Rao et Priyanca (Piu pour les intimes) et leurs 2 chats...Un couple très sympa (et "illégitime", car leurs parents ne savent pas qu ils vivent ensemble, merci pour votre discretion) qui a le projet de faire bientôt un voyage autour du monde.. Avec ces Indiens "nouvelle génération", j avais l impression d être revenu en Europe : Rao travail dans l informatique, est un fan de Pink Floyd et de rock, et adore la science fiction, Piu travaille dans la Com et le journalisme. Ils m ont traîné au cinema pour voir "Life of Pi", l histoire d un indien de Pondicherry qui apres un naufrage, se retrouve sur un canot de sauvetage avec un tigre pour seul compagnon... et franchement je vous le conseille. Ils m ont aussi fait découvrir de bons vins indiens mais après avoir bu les verres, j ai mangé les noms...
A Pune j ai également rencontré toute une partie de la communauté de cyclistes de la ville, tres active (la communauté, pas la ville).J ai ainsi rencontre Divya, cycliste avertie, militante écologiste. En Inde elle a fait de nombreuses sorties a vélo, avec parfois des principes surprenants tel que des des virées de plusieurs semaines en partant sans un sou enn poche. L idée est de se faire héberger et nourrir le long du parcours ou de travailler pour gagner son repas du soir. Selon elle, c est a chaque fois une superbe leçon de vie et d humilité. Je ne sais pas si en France cela pourrait marcher. Elle m a pas aussi parlé d un cycliste qui fait le tour de l Inde, Bharath Parikrama, pour filmer et ainsi sauvegarder les savoirs agricoles des petites fermes. Un projet très intéressant pour preserver un savoir non écrit et transmis uniquement au sein des familles. Son site : www.welovefarming.org
Bon et c est donc a Pune que Frida (ma bicyclette) a donne ses premiers signes de faiblesse. Les roulements de l axe de pédaliers ont décidé de m abandonner. Sami Makki, propriétaire d un magasin de vélo et passionné de la petite reine a remué ciel et terre pour se faire envoyer de Mumbai les pièces de rechange en un temps record. Et c est son mecano de choix, Ashok Captain, qui a pu effectuer l opération délicate.
Ce qui est impressionnant c est que ces passionnés de vélo ont tous plusieurs casquettes (ou plusieurs casques, au choix). Sami est également un minéralogiste hors pair, avec une collection de minéraux impressionnante. il se déplace d ailleurs au quatre coins du monde pour vendre ses pierres et fossiles. Si vous voulez le voir en France, rendez vous en Alsace, a Sainte Marie aux Mines, ou se déroule chaque année un des plus gros marchés de minéralogie. Quand a Ashok Captain, outre le fait d être l un des meilleurs réparateurs de velo de toute l Inde (réputation confirmée par Frida), il est tout simplement l un des seuls spécialistes indiens sur les serpents. Il a publié plusieurs articles dans des revues scientifiques et il a travaillé avec l équipe de spécialistes des serpents du Muséum d Histoire Naturelle a Paris !
Inde-portraitAprès une petite semaine a Pune, je suis donc reparti vers le sud, direction Goa. En sortant de la ville, un Autorickshaw n a rien trouvé de mieux que de me renverser, bon a 10 km/h donc je n ai rien eu , mais afin de faciliter les echanges culturels, je me suis permis de lui apprendre quelques noms d oiseaux en Français... (j ai un peu oublié que, lors de mon stage de meditation, on m avait appris qu il faut ignorer la colere et ne pas reagir...)
Apres cette mesaventure, la route pour rejoindre la cote est tout simplement superbe, avec de belles montagnes, puis la traversée de véritables morceaux de jungle, le tout en longeant la mer... Sur le chemin j ai réussi a me faire héberger par les scouts d Inde et j ai egalement visité un chantier de fabrication de bateaux de pèche en bois...
Je suis ensuite arrive a Goa, plus précisément a la plage d Arambol, l une des plus connue. La bas j ai retrouvé Roberto, Français d origine italienne que j avais croisé a Pushkar (j ai d'ailleurs retrouvé plusieurs personnes de Pushkar).
A Goa j ai été agréablement surpris. D après ce que j avais étendu en France, je m attendais aux plages pleines de touristes imbibés de substances diverses et variées, avec raves parties non stop. Et au final le lieu est plutôt sympathique. Sur la plage on croise des gens en train de méditer ou de faire du yoga, des musiciens, des familles avec enfants, des jongleurs, des cracheurs de feu...
Et Arambol est une sorte de lieu de concentration de tous les musiciens, danseurs et autres DJ des quatres coins du monde, qui passent 6 mois de l année en Inde a vivre de leur art et les 6 autres mois en Thailande. (L avantage c est que chaque soir a Arambol il y a de la musique live ou des performances sceniques dans differents endroits).
Parmi mes rencontres artistiques, il y eu ainsi Katarina Jiva Vare, une danseuse russe. Je vous conseille d aller voir ses videos de Tribal Fusion sur youtube : http://www.youtube.com/watch?v=NQsRAV1gDFs. J ai egalement passe une soiree avec deux jeunes filles de Belarus, Oksana et Elena, venues enregistrer leur album en Inde. Leur site : www.vedaikya.com
Apres Arambol, la plage la plus animée, j ai enchaîné avec Benaulim, la plage plus orienté famille. La j ai retrouvé Joao, Helen et leur fils Hugo, hispano-mozambiquais rencontrés a Pushkar, partis faire un tour du monde en famille.
Enfin pour en terminer avec Goa je suis passé par la plage de Palolem ou j ai rencontré Dave et Jeannette, couple d Anglo Norvegiens d Oslo, passionnés de velo. Je suis d ailleurs invité a passer par Oslo pendant mon tour du monde (je ne sais pas comment je vais faire pour aller voir tous les gens que je croise, surtout si j en recroise de nouveaux en chemin pour aller voir les premiers...).
J ai ensuite repris la route direction Hampi. Et la j ai découvert les avantages de la notoriété. Sans que je le sache, un petit article est paru sur moi dans le journal local (l une des personnes avec qui j avais discuté la veille était journaliste). Résultat : arrêté tous les 500 mètres pour recevoir de la nourriture, du thé, pour discuter ou même pour signer des autographes ! J ai a peine réussi a faire 40km ce jour la...
J ai tout de meme reussi a atteindre la ville d Hampi. C est un endroit vraiment très agréable pour s arrêter quelques jours, surtout si l on passe de l autre cote de la rivière. Tout autour du site, il y a de superbes temples a visiter, avec notamment un improbable chariot de pierre a Vittala. Et pour les grimpeurs, Hampi est tout simplement le Fontainebleau indien, avec des centaines de Blocs tout autour du site.
Apres Hampi, sur la route de Pondicherry, j ai décidé de m arrêter a Tirupati, C est l une des villes les plus sacrées d Inde, avec le temple de Tirumala qui attire un nombre incroyable de touristes. Bon arrivé a Tirupati, impossible de monter a Tirumala en velo, c est interdit... Je passe donc la nuit au centre d hébergement des "pèlerins" : ambiance hall de gare avec tout le monde allongé par terre... Le lendemain départ pour Tirumala avec au choix montée en car ou pelerinage a pied. J opte pour la seconde solution sans avoir la moindre idée de ce dans quoi je m engage : 10 km de montée, 800 mètres de dénivelé, 3 500 marches... Heureusement me dis-je naivement, j ai de bonnes chaussures... qu il faut retirer : la montée se fait pieds nus...
C était plutôt épique, seul étranger au milieu de nombreux indiens certains avec leurs enfants... Après 4 heures de marche et la plante des pieds qui chauffe sévèrement, j arrive au temple... pour apprendre qu il faut enchaîner avec 11 heures de queue pour essayer d apercevoir l interieur... Je déclare forfait et j admire juste les hommes, femmes et enfants qui sortent de la "tonte". En effet la tradition la bas est de se faire raser les cheveux en offrande aux dieux... Bon je n avais rien a offrir du coup, mais au moins je ne me sentais plus tout seul... .
Enfin le 28 décembre c est l arrivée a Auroville... sous la pluie... Auroville était l une des étapes que j avais en tète des le départ de mon voyage. J avais entendu parler en France de ce lieu unique, de cette "utopie réalisée", un endroit qui n appartient a personne, avec des valeurs de partage et d'échange. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille d aller voir le site officiel (http://www.auroville.org/).
Il y a eglement pas mal d articles de journaux ou d'émissions sur le sujet, par exemple :ce reportage http://www.publicsenat.fr/vod/documentaire/auroville,-histoire-d-une-utopie/58180 ; cette émission sur France inter: http://www.franceinter.fr/em/interception/74176 ; cet article du monde http://www.lemonde.fr/voyage/article/2008/02/01/auroville-drole-d-rsquo-endroit-pour-une-visite_1338024_3546.html...
Mon idée en arrivant est de rester quelques semaines pour faire du volontariat. C est l un des moyens de voir de l intérieur comment fonctionne Auroville, de m impliquer dans une activité ou un projet interessant et peut etre de découvrir d autres manières de vivre, ce qui est l un des buts également de ce voyage. A cela est venu s ajouter une autre dimension, celle du don tout simplement. Cette idée a été renforcée par une personne rencontrée en chemin : lorsque je lui ai parlé de cette idée de volontariat elle m a dit : " C est une très bonne idée, car de nombreux voyageurs visitent des regions ou des pays uniquement pour prendre. Il faut savoir donner aussi aux endroits que l on traverse...". J ai été profondément marque par cette réflexion et je crois qu elle ne me quittera plus dans la suite de mon voyage.
Toujours est-il que j ai de la chance : a mon arrivée dans Auroville, je rencontre Sukrit et sa femme qui sont passionnés de vélo et viennent d ouvrir un salon de thé, atelier de réparation de velo en libre service et magasin... ils m accueillent et ont justement une chambre de libre pour quelques jours. Quand je leur dis que je souhaite faire du volontariat, ils me conseillent de visiter Sadhana Forest... Un projet de reforestation (reboisement en bon français ?) organisé en communauté dans la foret un peu a l exterieur d Auroville
Bon le temps que je me décide, j ai quand même réussi a sympathiser avec quelques Aurovilliens, dont Eric, qui s occupe des relations extérieures ou Daniel et Joshua, deux frères Américains qui ont réussi le tour de force de marier deux soeurs indiennes ! Et ce sont tout simplement les meilleurs boulangers d Auroville... (enfin c est mon avis...)
Bon après ces quelques jours de réflexion, je me décide pour Sadhana Forest, et c est vrai que le lieu est assez incroyable. En fait il s agit d une sorte de village communautaire dans la foret, avec des huttes d habitation individuelles ou collectives, une hutte principale, des cuisines... Le lieu a été fondé par Aviram et Yorit il y a 10 ans. Et aujourd'hui il reçoit plus de 1000 volontaires par an de tous les pays. Le but est d essayer de restaurer la foret dite "Evergreen" originelle, de reconstituer les ressources en eau, tout en essayant de favoriser l implantation d espèces d arbres oxalogenes (qui capturent plus de CO2).
C est une communauté Vegan : pas de produits animaux, de lait, d oeufs... Et ils sont très militants sur le sujet, avec des films très convaincants (Earthling) ou plutot marrants (Vegeducated...), des ateliers avec des conseils pratiques et des recettes... (a propos de regime alimentaire j ai aussi rencontré des pratiquants plus extrêmes du regime Raw Food, uniquement des fruits et légumes crus...). D un point de vue écologique Sadhana Forest est un modele : autonomie énergétique (panneaux solaires), recyclage total des déchets, toilettes sèches, responsabilisation et économies d eau pour les douches, le lavage des mains et des vêtements...
Une journée type de volontariat c est : lever a 5h30, Morning circle a 6h avec des exercices pour se réveiller, une chanson, et plein de Hugs (embrassades adorées des américains). Distribution des taches du 1er Seva (travail avant le petit déjeuner, de 7h a 9h), sachant que la majorité des bénévoles part planter des arbres dans la foret.
Après le petit déjeuner c est le second Seva (de 10h a 12h30), qui est plus centré sur les taches communautaires, entretiens des toilettes sèches, lavage de la cuisine...
(C est la que j ai appris qu en travaillant je faisais du "Karma Yoga" sans le savoir)
A 12:45 c est le déjeuner, puis l après midi est libre. De nombreux volontaires proposent alors des ateliers : yoga, danse, méditation, acrobalance, projections, rencontres, etc. Le tout bien sur gratuit puisque Sadhana Forest essaie de vivre selon le principe de la "gift economy" (économie du don sans rien recevoir ou attendre en échange...). Outre l écologie et le veganisme, pas mal d ateliers, de projections et de rencontres sont axees sur l éducation, le mode de vie...
J ai ainsi découvert un très bon film sur l éducation des enfants : Unconditional Parenting de Alfie Kohn.Très intéressant, si vous recherchez son nom sur google vous pouvez avoir ses vidéos. Son créneau c est de dire qu il y a d autres options que la récompense ou la punition pour aider les bambins a se developper...
J ai également découvert les thèses de Jean-Francois Noubel (http://noubel.com) sur l'intelligence collective et le moyens de mieux s exprimer ou vivre dans notre société. Durant sa presentation il a notamment développé une citation très intéressante, pour montrer que l on s attache uniquement aux phénomènes marquants et superficiels, sans voir les réels changements profonds : "L arbre qui tombe fait plus de bruit que la foret qui pousse..." . Je vous conseille egalement de jeter un oeil a ses 6 principes pour s exprimer en public ou dans un dialogue.(http://noubel.com/the-six-agreements/), il est très intéressant.
A 18:00 c est le diner, souvent suivi par des animations, notamment open stage le mercredi (The Non Talent Show) ou chacun peut venir interpréter une chanson, jouer de la musique, faire un spectacle ou autre performance... Excellent et souvent surprenant. Le vendredi c est l Eco film festival, film et repas gratuits ouvert a tous, avec une programmation assez excellente de films militants... Il y a egalement le Sharing circle le lundi soir ou l on peut partager ses sentiments, et le technical meeting le dimanche pour organiser les travaux de la semaine...
En tout cas le travail dans la foret, et le fait de planter des arbres est vraiment très gratifiant. Je suis resté un mois a Sadhana et c était toujours aussi magique a chaque fois.
Outre planter des arbres et participer aux différentes taches (y compris vider les toilettes sèches sur le tas de compost...),j ai donc essayé d apporter ma petite contribution personnelle a la vie en communauté : un quiz cinéma musique et biologie pour le réveil matin dans les huttes ou une chanson de Bob Dylan ; un recyclage des chansons de colonies de vacances pour le "morning circle" (très amusant d entraîner 60 personnes de 15 nationalités différentes a chanter en français "Y avait des gros crocodiles et des orang-outans...") J'ai également participé a un trio de chanteurs pour l open stage, sur une reprise de Mister Sandman,heureusement la vidéo a été perdue...
La encore je ne vais pas vous faire la liste de tous les volontaires que j ai croisés a Sadhana Forest. Je vais juste citer
- le groupe d'élèves du lycée autogéré de l Ile d Oleron qui ont passé 10 jours a étudier Auroville,
- Sekhar (prononcez Shaker...), indien d Andhra Pradesh volontaire a long terme avec qui j ai fait pas de virées a Koot Road, Kuilapalayam ou Auroville pour se changer les idees,
- Aymeric et Sabine, Français de Lyon qui ont pris une année sabbatique pour un petit tour du monde (allez voir leur blog tres sympa, j aime beaucoup leur regard et en plus j ai le droit a des compliments et des photos : http://sabaymwt2013.blogspot.in/..)
- Gal, Israélien musicien hors-pair sorti de son service militaire,
- Marc, Carol et leurs enfants Jacob et Jasmine, famille venue de Gand (une de mes villes préférées en Belgique, ils y tiennent un bed and breakfast)...
- Jamey, New Yorkais parti comme moi pour un tour du monde a vélo, qui s est arrêté a Sadhana Forest et n ai jamais reparti ! (Bon moi je vais quand même continuer mon tour du monde même s il n est pas exclu que je revienne...)
- Ji-Yong, qui m attend de pied ferme lors de mon passage en Corée du Sud
J en passe et des meilleurs : Raiyan du Bangladesh, Geraldine de Bretagne, Natacha de Russie, Harriet de Londres, Joe du Canada, Ashley de Coree (qui m attend a Seoul), Aleksi de Finlande (qui m attend la-bas), Peter d Inde, Ana et Catarina du Portugal (qui veulent me voir a Lisbonne), Marion, Aloyse, Gaspard, Jeanne, Germain et Julie de France (qui attendent mon retour a Paris, dans la Drome ou ailleurs), Viktor d Ukraine (qui espere bien me voir, enfin si j ai bien compris), Arwen des Alpes (qui m attend en Savoie ou en Suisse ou entre les deux), Tina de Slovenie (qui espere bien mon passage), Sam, Brooke, Bri, Stew des Etats-unis. Rik, Donna et jon du Royaume-Uni, et j en oublie...
Durant mon séjour a Auroville, mon voyage a vélo a intéressé pas mal de monde. J ai ainsi fait une présentation de mon voyage devant plus de soixante volontaires a Sadhana Forest, en anglais avec projection de photos... et j ai récidivé a Auroville, a Aurovelo, ou Sukrit m avait accueilli, devant des Auroviliens passionnés et très intéressés (et toujours en anglais)... Ce qui m a permis de rencontrer Bhaskar, indien de Pondicherry ancien élève de la Shri Aurobindo Ashram School. Il a aussitôt organisé une intervention a l école devant 200 enfants et adolescents (ouf en français cette fois) ! C était assez impressionnant,le lieu est magnifique,et j ai pu apporter mon vélo dans la grande salle, sous les portraits de Sri Aurobindo et de la Mère, les fondateurs et guides spirituels d Auroville...
Bon en tout cas je ne pouvais pas repartir sans visiter le Matrimandir, le coeur d Auroville.Ce lieu est incroyable,aussi bien architecturellement parlant que pour l'impression que l on ressent a l intérieur, notamment dans la salle de marbre blanc, éclairée uniquement par un rayon de soleil frappant une sphère en cristal.
Le depart d Auroville et de Sadhana après plus d un mois était très émouvant. Heureusement les petits mots d adieu chaleureux des volontaires dans mon carnet... et un bon petit déjeuner avec Joshua et Eric (pain maison, confiture maison, biscuits maison, pate a tartiner au chocolat et noisette pas maison...) m ont aidé a me remettre en selle.
Sur la route, un arrêt a Mamallapuram m a permis de retrouver Marc, Carol, Jasmine et Jacob (famille belge de Sadhana), ainsi que Joe et Nolan, canadiens volontaires a Sadhana, pour les incontournables essais de déplacement de la Butter Ball (énorme rocher qui aurait ete placé la par Krishna). C est la que j ai enfin appris comment les Indiens font pour manger des plats de riz et de legumes avec la main droite, sans s aider de roti ou autre chappati (le truc c est de bien melanger, de mettre la bouchée dans le creux des doigts, d approcher de la bouche et de pousser avec le pouce...).
J ai également pu retrouver Bhaskar qui m'a trouvé un hébergement chez John, Americain qui a monté une association de soutien scolaire et autres activités pour les enfants de la ville. J'ai rencontré également a Mamallapuram un couple de Francais, Nicolas et Amelie qui ont fait un tour du monde a velo il y a 5 ans et édité un livre ! J ai pu faire le plein de conseils sur l Asie et je devrais peut être les croiser en Amérique du sud...
Enfin je suis arrivé a Chennai (Madras) debut fevrier, accueilli par Nishith, un indien extrêmement sympathique, développeur d applications pour les tablettes. Il hébergeait déjà Marcus et Milla, couple d allemands passionnés de vélo (leur site : http://www.weltweiseversuchung.de). Après un mariage a bicyclette en France (excellentes photos : http://www.weltweiseversuchung.de/privates/hochzeit/hochzeitsbilder.html) et un tour du monde de deux ans et demi, ils sont juste venus pédaler en Inde pour deux mois histoire de passer le temps.... Je ne vous raconte pas les soirées jusqu'à trois heures du matin a parler voyage a vélo, écologie et protection des ressources... le tout en jouant avec les différents modèles de tablettes de Nishith... Et bien sur je suis cordialement invite a Duisburg.
Mon périple indien s arrête ainsi a Chennai : la frontiere terrestre avec la Birmanie étant toujours fermée, je ne peux pas rouler vers la Thailande et le reste de l Asie. Décollage donc le 6 février pour un atterrissage a Kuala Lumpur, en Malaisie, ou je viens de debuter la prochaine etape de mes aventures !

Mise à jour le Vendredi, 08 Février 2013 14:55