Georgie Inde

Dimanche, 18 Novembre 2012 18:39 Alain
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Bonjour a tous
je vous avais laissés en Turquie, voici donc la suite de mes aventures palpitantes...
georgiebon je vous avoue qu il y aurait tellement de choses a raconter que je ne vais pouvoir tout mettre.
Enfin pour les plus pressés les photos c est par LA !
Donc comme vous le savez nous n avons pas eu les visas pour l Iran avec Coco et nous avons donc décidé de partir faire la Georgie.Après avoir opté pour un voyage en minibus avec les vélos vers la frontière (épique...) nous avons donc retrouvé la mer noire (enfin moi du moins). Bon la georgie c est spécial. Ambiance un peu russe, avec un alphabet assez déroutant... Les gens sont plutôt difficiles d accès, pas facile de nouer des relations. Par contre des qu ils vous accueillent, vous mettez votre foie en peril : tord boyau obligatoire, quelle que soit l heure de la journée (il manque juste le crapaud dans la bouteille...). Les paysages sont assez impressionnants : la Georgie c est juste une énorme vallée entre deux chaînes de montagnes...
La première ville que l on croise c est Batumi, sorte d énorme station balnéaire en plein développement avec du coup des immeubles assez deroutants. ça rappelle un peu le coté moderne de Barcelone. Apparemment Donald Trump investirait la bas...
Apres Batumi l ambiance est carrément tropicale. La région au dessus de batumi serait d ailleurs l une des plus humides du monde (nous n avons pas échappé a la pluie en tentant vainement de rejoindre le Mistrala Parc).
C est la que sur la route nous sommes tombes sur un premier guet-apens, avec un garage ou le patron et les employés nous ont arretés pour nous faire gouter la poire locale et des fruits inconnus. Nous avons parlé de la France et découvert que les garagistes georgiens sont fans de Mireille Mathieu et Joe Dassin (je n ai pas fait de vidéo quand nous avons entamé Aux champs-elysées tous en coeur après le troisième verre de poire...).
Quelques jours plus tard nous avons eu un autre traquenard ; un groupe de 4 russes a vélo venus de Saint Petersbourg pour traverser la Georgie... De joyeux lurons tres tres sympas : Nikita Alex Anton et Dimitri. Nous nous sommes attablés et ils nous ont fait découvrir la Chacha, alcool national georgien, sorte de marc de raisin, dont ils avaient toujours une fiole sur eux...
Nous sommes maintenant cordialement invités a saint petersbourg notamment pour aller skier vers le cercle polaire... (Malheureusement nous les croiseront une semaine plus tard et ils s étaient alors fait voler deux vélos, ce qui avait nettement terni l ambiance...)
Nous n étions pas au bout de nos peines ce même jour puisque le soir, après avoir trouvé un bivouac sympa, nous avons été réveillé par Anzori et Nika, deux paysans venus voir qui était venu planter la tente sur leur terrain... après avoir vu qu ils avaient affaire a deux touristes ensommeillés ils sont aussitôt partis chercher... 5 litres de vin maison, du pain maison et des pommes de terres... Autant vous dire qu il n était pas question de dormir avant d avoir terminé les bouteilles et il a fallu négocier pour les empêcher d aller en chercher deux autres...
Remis de nos émotions, nous avons été surpris de trouver encore des statues de Stalline dans les pars des villages en arrivant près de Gori... Avant d apprendre que Stalline etait Georgien, né a Gori... Toute trace de l ex Urss a donc disparu, mais staline reste sacré dans cette ville (avec meme un musée). A ce propos nous avons croisé sur la route de nombreuses usines abandonnées (comme dans de nombreux autres pays d europe de l est). J ai appris plus tard qu apres la chute du mur les russes s étaient effectivement retirés des anciennes républiques soviétiques...en emportant toutes les machines des usines qui leur appartenaient...
C est la que nous avons découvert une autre spécialité culinaire de la Georgie : les Katchapouris. Le nom n est pas engageant mais c est une sorte de pain rond et plat fourré au fromage. Impressionnant, vous trouvez des vendeurs de katchapouris tous les 10 mètres et tous les commerces en proposent. C est tres bon le premier jour. Le deuxième jour un peu moins et au bout d une semaine on ne peut plus en avaler...
Nous sommes ensuite arrivés a Tbilissi, ou après avoir fait une halte dans un hôtel un peu Olé Olé ( un hôtel normal avec une patronne assez sympa jusqu'à ce que nous allions le soir au restaurant de l hôtel pour découvrir de charmantes jeunes filles assises chacune a des tables différentes en train d attendre que le temps passe... ce doit pour ça que ça s appelle ainsi). Bon nous n avons pas voulu explorer plus avant les spécialités Géorgiennes... (et non je n ai pas pris de photos)
Heureusement nous avons ensuite atterri ensuite au BHM Hostel, une auberge de jeunesse tenue par Bahman, un patron très sympa et une ambiance auberge espagnole avec des israéliens, des polonaises, des soudanais, des russes.... excellent
Nous avons bien sympathisé avec Gad, un franco israélien qui se ballade autour du monde et qui peint a Tel Aviv. Il a notamment réalisé des reproductions quasi grandeur nature des tapisseries des dames a la licorne du musée de Cluny a Paris (près de Saint Michel). Et sa philosophie et de détruire ses tableaux après coup (sauf si quelqu un les lui demande) car il est contre la vanité de l homme qui lui fait essayer de laisser une trace de son passage sur terre... Bon j ai essayé de le convaincre de sauver ses oeuvres mais pas sur d avoir ete efficace.
Bon nous avons également sympathise avec Sofia et Agneshka, deux polonaises très marrantes, qui bien sur nous ont invités a Varsovie.
Après avoir hésité avec Coco sur le fait de pousser vers l Armenie (qui apparemment est vraiment très jolie), nous avons été convaincus par la pluie incessante et avons décidé d arrêter les frais : Coco rentre en France, je prends l Avion pour l inde avec Frida (mon vélo pour ceux qui ne suivent pas).
Après une journée passée a emballer les vélos, coco a pu partir deux jours avant mois, et j ai donc visitc l ancienne capitale Mtsketha (a 20 km de Tbilissi) en attendant mon départ. J ai tout de même réussi a me faire ramener par un car scolaire, trop content de ramener un touriste avec les enfants hilares et des mères de famille aux petits soins pour moi (bon jai quand même eu droit a la vidéo de l'émission de chants de Noël en géorgien une heure durant...).
Ensuite ce fut donc le départ pour l inde,avec un vol via le Kazakhstan. Heureusement, le choc de l arrivée en Inde a été amorti par l accueil de Jacques (Merci le réseau de Catherine), qui vit a Delhi depuis 5 ans et travaille pour une ONG suisse sur la tuberculose et la Dengue. Et je ne me suis pas senti seul puisque chez Jacques il y avait aussi deux charmantes jeunes filles, Delphine et Elodie, étudiantes en école de commerce venues faire un stage (assez houleux le stage...). Et il y avait aussi, le monde est petit, Jean-Michel Jacquemin : c est l un des spécialistes français sur la catastrophe de Tchernobyl auteur de nombreux livres. Incroyable que venant de la CRIIRAD je tombe sur lui !!! Enfin la il est en inde pour changer complètement de registre et reprendre un commerce mais ce n est pas très facile...
Bon Delhi comme premier contact avec l Inde, c est forcement assez brutal. Heureusement le quartier de Jacques, Defence Colony, est un peu isolé du tumulte. Sinon pour l image, Delhi ressemble a un énorme marche aux puces sur des kilomètres, avec une circulation hyper dense, pas mal de bruit et des odeurs parfois excellentes et parfois horribles. Enfin j exagere car il existe des coins relativement calmes et meme des parcs sympa.
La encore le choc a été amorti également par les rencontres de touristes en vadrouille explorant Delhi :
Ayalet, charmante Israélienne amatrice d art qui m a permis de découvrir les peintures de la peintre Amrita Sher-Gil
Mary des pays bas qui m a permis d oser rentrer dans le temple sikh de Sis Ganj : après un repas offert assis par terre avec des dizaines d indiens, vous pouvez admirer les groupes de musiciens qui se succèdent, genial,
Andreas, suédois venu échapper a l hiver mais qui garde son bonnet a 30 degrés a l ombre,
Adam, américain fan de myazaki...
avec eux j ai notamment assiste aux défilés de chars d un festival, je suis allé voir un film de bollywood (mais j ai été déçu).
En cherchant des accessoires de vélo j ai également fait la connaissance d un vendeur passionné (dont j ai mangé le nom) de la marque Firefox, qui m a donné pour mission de propager durant mon tour de l inde les pistes cyclables... et qui m a offert une nouvelle sonnette avec boussole, l autre ayant rendu l âme...
En tout cas j étais épaté : Apres quelques jours a Delhi on s habitue presque a tout ce tumulte, on prend le métro aux heures de pointes sans stress, on negocie le rickshaw systématiquement...
(d ailleurs en bon cycliste j ai bien sur demandé a rickshaw de conduire son tricycle et c est juste incontrôlable. Je ne sais pas comment ils font !)
En tout cas moi qui voulait ajouter une dimension spirituelle a mon voyage je n ai pas été déçu. Des le premier soir, Jacques a mis la barre tres haut avec une discussion philosophique sur des sujets aussi variés que :
l importance de vivre l instant présent, les raisons profondes de vouloir changer les autres (et la futilité de la démarche), la conscience et la manière d appréhender la vie... Une conversion a peine interrompue par la nuit et reprise au petit déjeuner...
Il faut dire que Jacques est un personnage assez incroyable avec un parcours de vie plutôt atypique (il a vécu dans de nombreux pays) et qui a des réflexions tres profondes sur la vie, issues d un cheminement personnel intense. Et il vous parle de sujets profonds ou graves toujours avec un énorme sourire et un regard pétillant... qui vous arrache des confessions sur votre propre parcours de vie et réflexions sur les relations humaines...
Enfin bref quand je lui ai parlé du fait que ce voyage a vélo était aussi l occasion pour moi de faire le point, de me retrouver un peu seul avec moi meme pour réfléchir, il m a convaincu qu il fallait que j ajoute dans ma démarche un stage de méditation.
Vous me connaissez, ça n a pas été très facile. Je suis plutôt cartesien et réfractaire aux démarches non conventionnelles. Mais il est fort le bougre et il a retourné mes arguments en me disant aue justement la méthode qu il me préconisait, la technique Vipassana, est justement une démarche cartésienne, pour apprendre a utiliser la méditation comme un outil, sans divinité ou folklore derrière et que ca ne coûtait rien que j essaie pour me faire ma propre opinion... bref après une intense réflexion je me suis donc inscrit a un stage de méditation au centre Vipassana de Pushkar 7 jours plus tard. Il me restait donc une semaine pour rallier a vélo cette petite ville en passant par Jaipur (du coup j avais prevu de descendre a Ajmer pour voir le Taj Mahal mais j ai reorganisé mes priorités...)
J ai donc quitté ma nouvelle petite famille de Delhi avec qui j avais passé une excellente semaine pour reprendre la route. Inutile de vous dire que la sortie de Delhi a vélo fut hautement épique... Mais pareil on s habitue finalement au bout de 30 kilomètres de circulation intense et de camions d une taille incroyable...
En chemin vers Jaipur je suis tombé sur un pèlerinage a vélo de jeunes hindouiste qui roulaient pendant 4 jours pour rejoindre d autres cyclistes venus de tout le Rajasthan dans un temple. ils m ont aussitôt offert l hospitalité au temple dans lequel ils faisaient étape pour la nuit. Au programme un repas excellent et des tonnes de questions sur le vélo, la vie en France, etc...
Bon a part les arrêts au temple, pas facile de bivouaquer en Inde. il y a du monde partout et le Rajasthan c est tres sec et rempli d épineux. résultat : 6 crevaisons du matelas gonflable et 2 crevaisons de pneus...
indeEnfin durant mon petit périple a vélo j ai tout de même croisé ; des éléphants, des chameaux, des singes, des chauves souris grosses comme des poules, des perroquets, des sortes de fouines tachetées comme des léopards... et un nombre incroyable de vaches bien sur (en comptant les zébus et autres buffles).
Bon pour faire court sur les villes traversées : Jaipur c est pas mal mais toujours autant de monde et de bruit... Ajmer et un peu plus calme...
Sans conteste ma ville préférée de tout le rajasthan c est Pushkar. Bien que tres touristique, cette ville (plutôt un village) est un petit havre de paix au milieu de l inde. Batie autour d un lac sacré avec les indiens qui viennent s y baigner, remplie de petits temples et entourée de collines que l ont peut gravir... cette ville est très accueillante, avec des guest house superbes a des prix défiant toute concurrence (je vous conseille la Sai Baba Guest house). On y croise bien sur un très grand nombre de touristes mais aussi pas mal d étrangers venus faire leur marché pour leurs commerces. Du coup j y suis passé avant mon stage de méditation et après j y suis resté encore quelques jours tellement j appréciais l ambiance. Et la j ai encore rencontré plusieurs "expatriés" très sympa. Globalement il y a une sorte de biais de sélection dans les touristes que l on rencontre en Inde : tous sont toujours très ouverts, et ont une histoire, un but, bref ne voyagent pas par hasard. J adore du coup ces rencontres. Bon je ne vous mets pas la liste de tous ceux que j ai rencontrés mais voici quelques rencontres sympa :
Sandrine, ancienne comptable partie de France il y a 7 ans pour voyager, elle n est plus jamais rentrée... Outre des cours de Yoga et de massages, elle fait toutes sortes de petits boulots et s en sort très bien. La elle part pour les Bahamas ! Elle faisait partie de l équipe du stage de méditation, et ce n était pas son coup d essai
Wally, italienne installée depuis plus de 20 ans a San Francisco. Avec une amie, elles avaient monté dans cette ville américaine un petit resto italien. Elles ont mange leur pain noir pendant 6 mois, a payer le loyer a crédit, etc.. avant qu une critique du San Francisco Chronicle ne se trompe de porte et arrive chez elles... et du jour au lendemain le restaurant n a jamais désempli. Aujourd hui il y a 4 chefs et 11 employés !!! Mais wally a su rester simple et joyeuse, Géniale. Je l ai rencontrée au stage de meditation, ou elle donnait de son temps en temps que bénévole pour aider l accueil! Cerise sur le gâteau, elle parle très bien le français. Je la croiserai peut être durant mon periple aux USA a vélo qui sait... Bon et si jamais vous passez a Frisco : L'OSTERIA DEL FORNO 519 Columbus Avenue San Francisco. www.losteriadelforno.com. Mais bon elle est en vadrouille les deux tiers de l année...
Belen, charmante espagnole madrilène rencontrée également au stage de méditation. C est l image d epinal d espagnole, toujours souriante, remuante, exubérante, a rire, courir partout, elle attire la sympathie. Elle est actuellement partie pour un tour du monde, durant lequel elle écrit un blog sur les "gens avec une âme" qu elle rencontre... D ailleurs elle devrait faire mon portrait (en espagnol, donc j aurai besoin d un traducteur pour me dire si elle ne dit pas de bêtises).
Mais derrière sa bonne humeur se cache une histoire touchante : Elle a perdu sa mère il y a trois ans, mère dont le rêve était de voyager mais qui n a jamais pu le réaliser car elle a du travailler toute sa vie. Lors de ses derniers jours,elle a fait promettre a Belen d utiliser l argent qu elle lui laissait pour réaliser un rêve. Belen a donc décidé de réaliser son rêve, et celui de sa mère en voyageant... Son blog si vous parlez espagnol :
https://vidasconalmaporelmundo.wordpress.com
Si je ne la recroise pas en Inde, je devrais la revoir en Amerique du Sud.
Emilie, française croisée au détour d un Tchai a Pushkar, qui après avoir voyagé pendant plus d un an a pris le virus et a décidé de repartir pour un tour du monde en profitant notamment du visa vacances travail en australie. Elle m a notamment fait découvrir a Pushkar un dessert incroyable : le "Hello to the Queen" :du chocolat fondu, avec au milieu une île de crumble, le tout surmonté d une glace vanille. Apres la premiere cuillère, vous vous demandez juste comment vous avez pu vivre sans connaître ça... Heureusement qu on ne le trouve qu a Pushkar... Je devrais la recroiser en Amerique du Sud, et je l ai convaincue de faire un stage Vipassana... (j espere qu elle ne va pas trop m en vouloir...)
Pauline et Nicolas, un couple de français, elle ancienne chef dans un restaurant gastronomique en Bretagne et lui serveur. Ils sont aussi partis pour un tour du monde... qui bien sur comporte une importante dimension culinaire. Des qu ils rentrent dans un restaurant, ils se débrouillent pour passer coté cuisine et aider a la préparation, ou donner aussi des recettes françaises et des trucs. Ils ne se séparent pas de leur petit carnet dans lequel ils notent les recettes. Ils m ont donne un petit lexique de tous les plats que je peux trouver en inde avec la traduction, un aide mémoire qui m a bien servi !!! Je devrais les recroiser au Cambodge ou en Thailande. Et ces deux;la, quand ils vont rentrer en France, ils vont ouvrir un restaurant du feu de dieu. Promis je vous donnerai l adresse.
Nathalie, du sud de la France, qui vient chaque année a Pushkar pour faire ses emplettes pour son stand sur les marchés du sud de la France. Elle m a fait découvrir la vue de Pushkar au petit matin avec les vendeuses aux saris multicolores et les singes en balade sur les toits. Avis aux gens des Pyrennees Atlantiques : elle vend notamment ses sacs en cuir sur le marché de Collioure l hiver et l été, si jamais vous pouvez lui passer le bonjour de ma part !
Celine, une francaise de Vipasana en train de chercher sa voie professionnelle (et qui m a promis de m aider a trouver la mienne ensuite !),
Romy, americain de Caroline du Nord venu notamment apprendre les tablas en Inde,
Rachel, NeoZelandaise sportive rencontrée a l aube, qui quittait son travail au siege de Disney a Londres pour reprendre en Nouvelle Zelande l entreprise de chaussures de son père. son blog : http://heelsandhilarity.blogspot.in/
Charlie, jeune australien de 19 ans en vadrouille, qui va peut être prendre un vélo a Goa et faire un bout de chemin avec moi,
Bon maintenant venons-en au vif du sujet de mon arrivée a Pushkar : le stage de méditation Vipassana Bon inutile de vous dire que j étais assailli de doutes sur la route en repensant au programme : 10 jours de méditation non stop a raison de 10 heures par jour, lever a 4 heures du main, filles et garçons séparés, pas de paroles pendant 10 jours, pas de livres pas d internet pas de téléphone... Bref aucune distraction, le but étant de se focaliser sur la méditation. Je me suis ainsi retrouvé a méditer toute la journée avec pour seule compagnie le soir les fourmis et les geckos de ma "cellule"
Hé bien franchement, ce fut une expérience incroyable que je ne regrette pas !
La méthode de méditation Vipassana que l on vous apprend est vraiment bien. En theorie c est censé etre la methode originelle de Bouddha... bon je n ai pas verifié auprès des autres ecoles. Mais en tout cas l enseignement est vraiment progressif et intense. Je pense que je n ai jamais fait travailler autant mon esprit et ma concentration de toute ma vie. et je peux vous garantir que de méditer toute la journée est autrement plus difficile que de pédaler toute la journée... Bon d autant plus que je suis aussi souple qu une barre de fer, donc inutile de vous dire que j ai souffert le martyr toute la journée... Mais justement cette méthode est vraiment intéressante pour découvrir ses propres limites, réussir a se concentrer et rester focalisé..
Bon alors certes la technique est présentée comme n ayant de lien avec aucune religion, mais dans les faits chaque soir il y a une partie pus théorique ou l on vous parle des buts de la méditation, qui sont forcement les bases du bouddhisme. J ai donc appris beaucoup sur le bouddhisme et si je suis sceptique sur certains aspects qui me semblent "folkloriques", le message et les idées de fond sont en tout cas très intéressantes et plusieurs m ont interpellé. Bon je ne vais pas vous faire un cours de bouddhisme, d autant que certains d entre vous sont autrement plus qualifiés que moi, mais je voulais juste partager certaines idées qui mont interpelle :
- L impermanence des choses : tout apparaît puis disparaît, et il est essentiel de ce rappeler que tout ce que l on ressent ou rencontre va disparaître
- l attachement notamment aux objets est une cause de souffrance, réussi a se détacher est libérateur
- Les trois types de sagesse : celle que l on lit, celles que l on lit et que l on adopte intellectuellement et celle dont on fait directement l expérience, la dernière étant bien sur la plus importante.
- le fait que la souffrance morale est causée par le désir, l aversion ou l'ignorance. Si l on apprend a observer ces sensations quand elles apparaissent plutot que de les subir, on chasse la souffrance (et la méditation est justement la technique qui doit permettre d atteindre ce but)
Enfin ce n est pas très bien dit mais ça mérite d être creusé. Bon en tout cas malgré les souffrances physiques dues a la position, je ne regrette absolument pas ce stage. En plus le centre vipassana de Pushkar est un endroit génial, perdu au milieu des montagnes, avec une vue imprenable (et j ai vécu es moments magiques, genre lever de soleil sur l inde a 6h du matin après deux heures de méditation). Apparemment les autres centres a travers le monde sont beaucoup plus grands. Et c est excellent de partager la même expérience pendant 10 jours avec des gens, et de ne leur parler que le 10e jour pour découvrir leur personnalité...
Bon par contre je suis censé essayer de garder le rythme avec deux heures de méditation par jour, mais en voyage a velo ce n est pas facile... En tout cas je vais je pense signer pour un stage de rattrapage au Cambodge ou en Thailande dans quelques mois... Et franchement je vous conseille de tenter l expérience (et Jacques je te remercie de m avoir convaincu !)
Bon reprenons le fil de mon voyage.Autant vous dire que je suis en train d apprécier de plus en plus l inde. Depuis mon départ de pushkar, vers le sud du Rajasthan et le Madhya Pradesh, je rencontre des gens de plus en plus sympa, qui m invitent a boire le thé, a manger ou a dormir, qui me font découvrir leur travail, leur culture...
Il faut dire que j ai décidé d être totalement ouvert et de me mettre a vivre (un peu) a l indienne. Résultat maintenant le soir quand je vois un bassin dans les campagnes avec les indiens qui se lavent au pichet ou avec un seau, je m arrête et je fais pareil. Pour manger et dormir je m arrête dans les gargotes, sortes de restaurant au bord des routes avec juste des lits tables, une cuisine et un auvent. Vous mangez super bien pour un euro et pour dormir vous avez le droit a une sorte de paillasse, un lit avec des cordes ou des sangles tendues. Ces gargotes sont partout le long de la route, de nombreux voyageurs et camionneurs s y arrêtent. Et quand ils voient arriver un touriste,ils sont tout simplement aux petits soins, je suis dorloté, je me fais offrir le repas, j ai droit au rasage, au thé, a la montagne de couvertures, etc. C est une expérience géniale. En tout cas je ne croise plus un seul touriste, j ai l impression d etre le seul perdu au milieu de l inde...
Parmi les rencontres dans les gargotes, j ai bien apprécié notamment Ramsi et Ejay, deux indiens employés pour la maintenance des poteaux relais des téléphones portables le long des routes. Ils m ont emmené en moto découvrir leur travail, m ont offert le repas et m ont parlé des conditions de vie en inde. Ils m ont notamment parle du fait que c était toujours les parents qui décidaient du mariage des enfants et qu il était toujours impossible de se marier en dehors de sa caste (comme quoi les castes existent toujours en inde...).
Ramsi et Ejay m ont aussi appris une technique essentielle pour parfaire mon mode de vie a l indienne : manger uniquement de la main droite. Franchement si on ne vous a pas expliqué le truc, c est impossible de déchirer un bout de chapati (pain plat et rond) d une seule main pour ensuite s en servir pour attraper le contenu de son assiette...
Bon je vous explique si jamais vous voulez épater le serveur au restaurant indien : en fait il faut plier un coin de la chapati avec le pouce et le majeur, puis appuyer la chapati contre l assiette avec l index, avant de tirer sur le morceau plié avec le pouce et le majeur, pour le déchirer. Ensuite vous attrapez un morceau de votre assiette avec ce bout de chapati. Et si jamais vous avez un plat super liquide, toujours de la main droite et d une seule main vous pliez le fond et les coté du morceau de chapati déchiré pour en faire un cornet. Exceptionnellement vous pouvez parfois le remplir avec une cuillère de la main gauche, pour manger le cornet de la main droite... Bon en tout cas j apprecie de plus en plus la cuisine indienne, (une fois habitué aux épices), et pour un vegetarien c est le paradis...
En plus de mes expériences intéressants, j ai vécu egalememt Diwali : c est le Noël des indiens, pendant 5 jours, avec des pétards partout, les indiens qui se mettent sur leur 31, font des célébrations dans tous les magasins, vous offrent des pâtisseries a chaque coin de rue, décorent le bétail dans toute la campagne, font des poupées en terre dans tous les villages devant les maisons, etc... (c est excellent d ailleurs de traverser la campagne a velo pendant Diwali, vous ne savez jamais de quelle couleur va etre la prochaine vache, chèvre ou autre chameau...). Dans les villes, toutes les maisons sont illuminées et décorées, avec des dessins au sol, des bougies, des guirlandes... J ai même eu le droit de me faire décorer mon velo avec des guirlandes pour l occasion. Dans les petites villes que j ai croisé, pendant Diwali, j ai bien aimé Nimbahera et Pratapgarth, petites villes pas du tout touristiques mais très indiennes, et avec des petites rues marchandes agréables sans trop de circulation... et des indiens qui hallucinent de voir un touriste...
En chemin j'ai également dormi dans un temple perdu dédié au dieu hanuman (le dieu hindou au visage de singe), invité par le pretre Balakadass, très sympa avec qui j ai partagé le repas. J ai croisé d'autres temples dédiés au dieu Hannuman et j ai découvert que parmi les rites, la concommation de substances non conventionnelles d origine végétale semblent une pratique courante. D ailleurs c était intéressant de voir que les agriculteurs indiens viennent ainsi au temple le soir pour oublier un peu leur dure journée de labeur...
Bon sinon je termine par vous dire que je suis actuellement dans une grosse ville : Indore, dans le Madhya Pradesh (MP pour les indiens, prononcez empi, la capitale de l etat est la tristement celebre Bhopal). J ai ete invité par Dinesh, un indien que j avais croisé sur la route quelques jours plus tôt. En découvrant mon périple, il m a aussitôt proposé de venir lui rendre visite dans sa petite famille. Et je m amuse bien : Il m a présenté a toute sa tribu e m a fait visitée la ville. Et il est directeur d une petite école d anglais pour les indiens (de 5 a 15 ans) Du coup j ai eu le droit de visiter chaque classe pour faire un petit discours afin de me présenter et répondre aux questions. C était trop mignon ces petits indiens assis par terre (il n y a pas de mobilier dans les classes, juste 4 murs et un tableau noir) en train de m écouter religieusement après s être levés pour me souhaiter "Good Morning Sir". J espère leur avoir donné envie de parler anglais... et de découvrir le monde !
En tout cas la je vis vraiment dans une famille indienne a la vie tres simple et en visitant ses freres ou ses amis je me rends compte finalement qu il ne faut pas grand chose pour etre heureux.... En gros il y a une piece principale, et une cuisine et un toit en tole avec une machine a coudre pour tout mobilier, (beaucoup ont aussi une tele). On s'assied au sol sur des tapis ou des coussins (parfois il y a une chaise ou un banc, rarement un canapé). Dans la rue il y a toujours de l animation. Les gamins jouent notamment au cerf-volant et du coup tous les fils électriques sont decorés de cerf-volants perdus...
Mon programme dans les jours qui viennent : direction Goa, puis Hampi et Pondichery. Puis je risque d etre obligé de reprendre l avion a Chennai : impossible d entrer en Birmanie par voie terrestre. Je pense décoller de chennai pour aller en Malaisie fin janvier, puis remonter vers la thailande.
Bon et comme j aime bien terminer par une petite phrase, je vous livre la pensée de Vishnu, petit barbier croisé sur la route : "Un véritable ami n a jamais a dire désolé ou merci"
A bientôt pour de nouvelles aventures

Mise à jour le Dimanche, 09 Décembre 2012 08:47