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Turquie

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cappadoce

Voici un petit recit des dernıères aventures d'Alain et Coco en Turquıe. NB : Alain n'a pas de clavier français pour faire les accents, nous retransmettons l'intégralité de son récit écrit depuis la Turquie.

Les photos c est par ICI
L étape après Ankara ce fut donc la Cappadoce. Pour sortir d Ankara nous avons opté pour le bus pour éviter de longer l autoroute pendant des kilomètres... et ce fut un bon choix, ils sont vraiment tres confortables...
Départ d Aksaray, et passage par le Grand Canyon (pas si grand que ça en fait). Puis nous sommes passes par Sofular ou un arrêt a la minoterie de la ville nous a permis de découvrir les secrets de la fabrication du boulghour (et de repartir avec un kilo de boulghour frais moulu...). Nous avons d ailleurs suivi les conseils des habitants et pris une petite route... jusqu au Narligöl Krater Gölü. İncroyable : un ancien cratère de volcan avec un énorme lac, des sources chaudes... bref un superbe coin de bivouac. Nous avons d ailleurs été accueillis sur place par Halil et sa grande famille venus pique-niquer la et qui nous ont offert un festin de roi avec de nombreuses pâtisseries faites maison... un régal.
Et être ensuite c est juste incroyable de se retrouver seuls au bord de ce lac au fond du cratère... enfin presque seuls puisque un renard a décidé de nous rendre visite pour avoir droit lui aussi a un peu de festin...

Le lendemain, arrives a Derinkuyu. nous avons réussi a nous faire embaucher par une petite mamie pour couper son bois... enfin c est surtout coco qu elle a embauche car quand elle m a vu manier la hache elle a compris qu elle n était pas prête de faire chauffer du thé... C est la que nous avons rencontre un couple de français bien sympathiques : Nono et Fanny partis pour un tour du monde sur un an avec des sauts en avion sur les différents continents.

Sur leurs conseils nous avons pousse jusqu'à Soganli  (nombreuses maisons troglodytes et églises troglodytes avec fresques impressionnantes) ou nous avons passe la soirée a la pension Emek tenue par Fengi et ses deux charmantes filles Zeynep et Mesude. Ces dernières nous ont propose de nous présenter des le lendemain les filles a marier du village... Malheureusement nous avons du partir tot... plus serıeusement nous avons notamment parle de la condition des femmes en Turquie, et Zeynep et Mesude  nous ont dévoilé que les droits des femmes étaient en train de régresser ces dernières années, notamment l accès aux études supérieures qui devenait de moins en moins facile.

Ensuite nous avons pris la route de Goreme, véritable capitale de la Cappadoce, ou nous avons trouve un camping dans un hôtel avec piscine a un pris défiant toute concurrence (il faut dire que le patron était intéressé : il ne pensait qu a acheter le vélo de coco).

Nous avons ensuite visite la vallée blanche (officieusement appelée Love Valley - voır photos) et le village d Ushisar : il n y a pas a dire la Cappadoce c est certes très touristique mais c est vraiment très beau...

Après avoir quitte la cappadoce, une petite étape au village de çayiralan nous a permis de découvrir l hospitalité des chauffeurs de taxi et d etre interviewés par le journal local (on commence a avoir l habitude...).

Le lendemain, nous nous dirigeons avec un peu d appréhension vers la ville de Kangal : la spécialité la-bas est le chien de Kangal, très tres gros molosse avec une tète et des pattes énormes, d autant plus impressionnant que les bergers lui ajouten


Après Kangal, un petit détour par la ville de Divirgi nous a permis de découvrir la magnifique mosquée et hôpital (construits en 1228) classes au patrimoine mondial de l Unesco (
http://whc.unesco.org/fr/list/358). les portes de chaque façade sont monumentales et très belles. Dans la salle principale un İmam chantait et l acoustique était vraiment impressionnante.  la mosquée est consıderee comme un monument temoın de l egalıte hommes femmes (du moıns au 13e sıecle)t un collier a pointes. İl est censé pouvoir tuer des loups et ou des ours... (la légende raconte même qu ıl auraıt terrasse le lıon du sultan local): Au final, les rares Kangal que nous avons croises étaient plutôt indifférents aux vélos... Ou alors ils ont compris qu ıls avaıent plus de chance face a des lıons...

turquie2
Après Divirgi. direction Erzurum: une halte dans une station service nous a permis de rencontrer les membres de l équipe de lutte de la ville de Sivas, de retour d une compétition...Bien sur j ai aussitôt provoqué en duel le plus costaud pour voir . et il n y a pas a dire, l expression fort comme un turc n est pas exagérée : il m a juste soulevé et retourné pour me mettre la tète en bas comme si j étais un simple jouet...

En prenant la route après Erzingan nous avons eu le droit a notre petite ambiance Mad Max : la tension avec les kurdes du PKK est assez importante la bas (6 militaires turcs tués juste avant notre passage). Du coup nous avons croisé sur la route plus de blindés en patrouille que de voitures (bon j exagère mais quand même il y en avaıt beaucoup)

Après un petit col a 2000 mètres, nous décidons que nous avons droit a un repos bien mérité et nous décidons d aller prendre un bout de train jusqu a erzurum (enfin c est surtout que lorsque l on voyage avec un cheminot dans un pays étranger il veut toujours aller voir les trains...). Résultat : nous avons passe l après midi a Askale avec toute l équipe de la gare a attendre le seul train de la journée qui avait trois heures de retard... et c était vraiment très drôle. Nous avons pu parler en vrac :

- De Ataturk (lorsqu il a fallu trouver un équivalent français, nous sommes partıs de Napoléon pour arrıver a De Gaulle, je pense que la verıte se sıtue entre les deux...)
- De la politique en turquie (ou nous avons appris que la moustache est un signe de reconnaissance : les nationalistes font retomber la moustache de chaque cote des lèvres, pour rappeler le croissant du drapeau...).
- De football (ils avaient encore en travers de la gorge l égalisation de Marseille dans les arrêts de jeu face a l équipe turque de Fenerbahce)
- De trains (nous avons pu visiter les locos et comparer les systèmes françaıs et turcs)

Enfin, nous avons passe une semaıne a erzurum en attente de nos visas iraniens (quı ne sont jamaıs arrıves, voır plus bas)... En attendant nous avons donc visite cette petite ville très sympa, qui est aussi l une des stations de ski les plus réputée de Turquie (Palandoken): D ailleurs attention aux faux amis : si on vous propose en Turquie de faire du Kayak, il s agit de ski... Pour la visite de la ville il faut dire que nous avons été gâtés . En cherchant l office du tourisme, nous sommes entrés par hasard dans le centre régional de développement de l Anatolie et nous sommes tombés sur le secrétaire général qui aime beaucoup les Français. Résultat : vısıte VIP avec mise a disposition d une voiture avec chauffeur pour visiter la ville, et bien sur entrée gratuite  dans les différents lieux, plus visite de la station de ski avec ses impressionnantes tour de saut a ski...nous avons également poussé jusqu au lac de Tortum et ses belles cascades.

Bon sinon ce voyage serait trop simple et trop ennuyeux sans quelques désagréments et autres rebondıssements : Apres une semaine d attente donc de nos visas pour l İran nous avons fınalement appris que mon visa etaıt refusé a Teheran sans aucune explicatıon... Je pense que mon passé professıonnel et assocıatıf n y est pas etranger mais sans aucune certitude...

Enfın bref du coup changement de plans (Coco est content ıl etaıt venu justement pour voır l'Iran) et sûrement un petit tour en Georgie et Armenie puis retour en France pour Coco et départ directement en İnde pour moi (alors que je voulais essayer de ne pas prendre l avion durant mon tour du monde... ça commence mal).

Sinon tant que j y suis, quelques réflexions en vrac :

- Sur le football .

 

en Turquie c est une véritable religion. Vous pouvez être sur que la 3e ou 4e question que l on va vous poser est quel est votre équipe de football favorite (en France mais aussi en Turquie).
Pour la Turquie c est facile il y a en gros 4 équipes . Galatasaray. Besiktas. Fenerbahce et Trabzon. Sachant que 80% des turcs soutiennent Galatasaray.
Cela m a d'ailleurs bien servi une fois : Arrêté sur la route par une troupe de gendarmes, ils me demandent mon passeport et veulent voir le contenu des sacoches de vélo... alors que je m exécute laborıeusement, l un d eux me demande mon équipe turc préférée : je lui dis Galatasaray. Son visage s éclaire : "Moi aussi ! C est bon vous pouvez partir !"

- sur l accueil des turcs.

Tout le monde vous dira et moi le premier que les turcs sont très accueillants. Mais après un mois passe en turquie on atteınt vite les limites de cet accueil. Si vous êtes souvent invité a boire un thé ou a manger un morceau le contact reste souvent très distant, même lorsqu il n y a pas la barrière de la langue. En un mois aucun turc croisé au hasard des routes ne m a invite a dormir chez lui, et une seule foıs nous avons pu planter la tente dans un jardin avec coco. Je me suis même plusieurs fois vu refuser de bivouaquer près d un champ alors que la nuit tombait... (les seuls turcs chez qui nous avons dormi, c etaıt grâce aux réseaux Warmshower et Couchsurfıng -et c est vrai que l acceuıl etaıt alors vraiment excellent-). bref le premier contact est souvent tres facile, mais on sent assez vite au il y a une énorme barrière a franchir pour aller plus loın... Une expérience a nuancer avec le témoignage du couple de cyclistes  fanny et nono qui avaient réussi a se faire inviter spontanément a dormir...parce que cela ne se fait pas de laisser dormir une fille dehors.

- Sur le hasard.

Bien sur le hasard des rencontres et les coïncidences se produisent quotidiennement ou que l on se trouve. Mais c est sur un voyage a vélo que je me rends compte de la place assez vertigineuse que prend le hasard dans nos vies. Il suffit que de décider de s arrêter acheter des fruits a tel épicerie ou d une simple crevaison  pour croiser une personne la juste a ce moment qui va vous conseiller d aller a tel endroit et vous changez tout votre itinéraire. La bas vous rencontrez des cyclistes que vous n auriez jamais du croiser et vous changez encore de planning... Et tous les jours vous êtes confronté a ce hasard des rencontres, des choix que l ont fait (ou que l on ne faıt pas) ou des aléas. Certes le hasard ne fait pas tout et l état d esprit et l ouverture que l on a vont permettre de saisir les opportunités. Mais c est toujours impressionnant. Et c est d autant plus vertigineux lorsque l on essaie d imaginer les milliers de possibles a cote desquels on passe chaque jour pour suivre une seule voie...

Bon pour finir je vous livre une petite conversation avec Kemal, véritable philosophe rencontre au lac de Tortum. Parmi ses réflexions sur l importance de goûter pleinement chaque moment de la vie il nous a dévoilé une interrogation turque :

"Qui possède le plus grand savoir ? L érudit qui lit des livres ou le voyageur qui parcourt le monde ?"

Je vous laisse réfléchir mais j aime beaucoup la réponse très personnelle de Kemal :

"Selon moi c est le voyageur car il peut toujours lire des livres pendant son périple..."

A bientôt
Mise à jour le Dimanche, 18 Novembre 2012 18:40